L'exclusion désigne le processus au cours duquel une personne vit une série de ruptures qui touchent à la fois ses liens sociaux et ses conditions de vie (ressources, logement, emploi, etc.). Elle peut être définie comme un processus de « disqualification sociale » dans lequel une personne se voit retirer peu à peu sa place et la considération que lui accordait la société.

Les liens sociaux sont les formes de relations qui relient l'individu·e à des groupes d'individu·e·s et à la société.
Par exemple, les liens sociaux se tissent dans la famille, dans le cercle d'ami·e·s, à l'école, dans un club de sport, au sein d'une association culturelle ou religieuse, au travail, etc.

L’exclusion correspond à l’envers de l’intégration sociale.

En ce sens, comprendre comment s’entremêlent les processus qui incluent ou écartent les individu·e·s est une étape importante pour agir contre les formes de rapports ou liens sociaux qui créent ou renforcent la discrimination (notamment raciale).

L’exclusion peut également apparaître comme le reflet d’un rapport de pouvoir entre différents groupes. Elle traduit des relations conflictuelles ou inégalitaires, qui touchent à plusieurs dimensions :

  • les espaces physiques (comme les quartiers ou lieux publics),
  • les espaces sociaux (les réseaux, les groupes),
  • les domaines économiques (accès au travail, aux ressources),
  • les domaines politiques (participation aux décisions)
  • et les domaines culturels (reconnaissance des différences).
Ainsi pensée, l’exclusion implique des tensions avec les personnes qui contrôlent ou occupent ces espaces, et renforce ainsi les inégalités, les discriminations, et le racisme.

Comment expliquer l’exclusion ?

Les processus qui mènent à l’exclusion résultent d’une interaction entre :

des facteurs « macro » - les causes liées à la société et sur lesquelles les individu·e·s ont peu ou pas de marge de manœuvre telles que l’organisation sociale, la structure politique et économique, le modèle étatique :

  • Inégalités économiques (pauvreté, chômage, précarité) ;
  • Discrimination institutionnelle (lois, politiques, fonctionnement des institutions) ;
  • Ségrégation spatiale (quartiers défavorisés, éloignement géographique) ;
  • Inégalités dans l’accès à l’éducation, à la santé, au logement ;
  • Manque de reconnaissance culturelle ou linguistique.

des facteurs « micro » - les causes qui dépendent des individu·e·s telles que leurs choix, leurs relations ou leurs relations :

  • Expériences individuelles de la marginalisation et de la stigmatisation ;
  • Perte d’identité ;
  • Difficultés face aux normes imposées et faibles capacités d’adaptation dans la société ;
  • Isolement relationnel ou rupture des liens sociaux et réseaux de soutien.

Pour en savoir plus, tu peux écouter ce podcast.


Un parcours migratoire, qu’il concerne la personne elle-même ou ses parents (voire ses grands-parents), peut accroître le risque d’exclusion sociale. Plusieurs dimensions participent à expliquer cette vulnérabilité face à l’exclusion :

  • notamment la difficulté à maîtriser la langue du pays d’accueil,
  • un réseau social souvent limité,
  • ainsi que l’exposition à des discriminations xénophobes ou raciales.

Ces éléments s’influencent mutuellement et sont susceptibles de compliquer l’accès aux ressources, à l’emploi et à la reconnaissance sociale, rendant l’intégration sociale globalement plus difficile.


Dans les sociétés contemporaines, la lutte pour des ressources limitées peut créer des tensions entre différents groupes qui ont le sentiment d’être exclus. Certain·e·s individu·e·s pensent que leur situation difficile est due à d’autres personnes. Ce sont souvent des personnes d’origine étrangère qui sont accusées.

En les désignant comme responsables, elles donnent un sens à leurs difficultés et trouvent un « ennemi » contre lequel se défendre, seules ou en groupe.

Ce mécanisme peut en partie expliquer pourquoi des personnes adhèrent à des idées racistes ou xénophobes, voire rejoignent des groupes politiques violents d’extrême droite.

Solliciter de l’aide

Si l’on est plus ou moins vulnérable à l’exclusion sociale selon sa condition et son parcours de vie, elle ne doit toutefois pas être appréhendée comme une fatalité.

Face à l’exclusion, il est souvent bénéfique de solliciter l’aide d’associations ou de services d’aide publique : ces entités peuvent contribuent à renforcer les relations sociales en favorisant les rencontres et selon les besoins, à apporter un soutien matériel ou financier pour alléger les obstacles rencontrés.

Par ailleurs, un accompagnement psychologique peut s’avérer crucial. L’apprentissage de la gestion des émotions et du stress et le renforcement de l’estime de soi peut faciliter l’insertion ou la réinsertion en société.


En Suisse romande, plusieurs dispositifs existent pour soutenir les personnes (victimes et témoins) confrontées au racisme :

Le racisme est un phénomène complexe, mais il n’est jamais acceptable pour une personne de le subir ou alors de le faire subir à quelqu’un d’autre.

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