Un certain nombre de disciplines scientifiques, la sociologie, la psychologie, l’histoire ou les sciences politiques entre autres se sont penchées sur le phénomène du racisme et son origine pour proposer des éléments d’explication.
Le racisme ne s’explique pas de la même manière selon le niveau d’analyse : il peut être étudié à l’échelle d’une société, d’un groupe ou d’un individu.
Il ne résulte pas d’une seule cause, mais plutôt d’un ensemble de facteurs structurels, sociaux et individuels qui s’entrecroisent.
Pour mieux comprendre d’où vient le racisme et pourquoi il persiste, plusieurs pistes et dimensions de réflexion principales peuvent être pertinentes :
L’environnement et la socialisation
Le cadre dans lequel une personne évolue, en particulier durant ses premières années, influence profondément la construction de ses représentations du monde et des autres qui l’entourent.
Famille, école, médias, réseaux sociaux ou travail… dans chacune de ces sphères se joue la transmission de normes, de valeurs, et parfois d’idées ou de discours.
Lorsqu’un individu est exposé dès le plus jeune âge à des stéréotypes ou à des propos racistes, ceux-ci peuvent s’installer durablement dans sa manière de penser et de percevoir la réalité au point d’être considérés comme « naturels » voire légitimes.
Ce phénomène peut être d’autant plus fort dans le cas où une personne ou un groupe de personnes est relativement isolé et son système d’idées n’a jamais ou seulement à de rares occasions été remis en question.
Le rapport à l’Autre : entre peur et rejet
Dans une situation perçue comme menaçante, le sentiment de peur, qui fonctionne comme mécanisme de protection, peut conduire certaines personnes à rejeter ce qui leur paraît différent.
Cet « Autre », défini par:
- la couleur de peau,
- l’origine,
- la religion,
- l’orientation sexuelle
- ou le genre,
peut devenir un bouc émissaire sur lequel on projette ses inquiétudes et à qui on attribue des problèmes complexes.
La peur peut aussi être utilisée par des groupes dominants pour justifier le maintien de certains avantages. Quand l’idée d’une plus grande égalité est perçue comme une menace pour leur position, la crainte de la perte des privilèges peut alimenter des discours ou des comportements racistes qui visent alors à préserver un monde inégalitaire.
Les mécanismes psychologiques
En dévalorisant un autre groupe ou une personne, certaines personnes peuvent éprouver un sentiment illusoire de pouvoir, de supériorité et de légitimité.
En ce sens, les idées, comportements ou actes racistes peuvent servir à réaffirmer ou consolider une position de domination.
Dans certains contextes, un groupe peut utiliser des idées et théories racistes pour renforcer le sentiment d’appartenance entre ses membres. En se valorisant par opposition à un groupe « autre », présenté comme naturellement inférieur ou menaçant, il construit une frontière (hiérarchique) entre « nous » et « eux ».
En Suisse romande, plusieurs dispositifs existent pour soutenir les personnes (victimes et témoins) confrontées au racisme :
- Pour trouver un centre de conseil ou de consultation dans son canton : https://network-racism.ch/fr/liste-d-039adresses-membres/index.html.
- La Commission fédérale contre le racisme (CFR) peut également orienter et conseiller. Son secrétariat est en mesure de mettre en contact avec les services compétents pour accompagner et soutenir au mieux selon la situation de racisme endurée.
- Pour signaler une agression raciste qui a eu lieu en ligne, la Commission fédérale contre le racisme (CFR) a mis en place une plateforme spécifique : https://www.reportonlineracism.ch/f101.html
Le racisme est un phénomène complexe, mais il n’est jamais acceptable pour une personne de le subir ou alors de le faire subir à quelqu’un d’autre.
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