Les discriminations ne se limitent pas à la race, à l’origine ou à la religion. Des individu·e·s peuvent également être traité·e·s différemment ou injustement pour d’autres motifs.

En raison de l'orientation sexuelle

L'orientation sexuelle désigne l’attirance émotionnelle, affective ou sexuelle qu’une personne ressent envers d’autres personnes.

Au cours des dernières décennies, beaucoup de sociétés ont évolué à la suite des luttes menées par des personnes et communautés queer (toutes les personnes dont l’orientation sexuelle ou l’identité de genre sort des normes traditionnelles) et ont fini par reconnaître la légitimité de toutes les orientations sexuelles.

Néanmoins les discriminations en raison de l’orientation sexuelle demeurent, et ne sont pas illégales partout.

Dans certains pays, aimer ou avoir des relations sexuelles avec une partenaire du même sexe est toujours considéré comme un crime.

En Suisse, la loi reconnaît désormais clairement cette protection. Depuis 2020, l’article 261 bis du Code pénal inclut l’orientation sexuelle parmi les critères protégés. Cela signifie qu’il est interdit d’inciter publiquement à la haine ou à la discrimination, ou de tenir des propos haineux contre quelqu’un·e en raison de son orientation sexuelle.

Chacun·e a ainsi le droit d’aimer qui il·elle veut, et ce sans subir de discriminations.

En raison de l’identité de genre

L’identité de genre se définit comme la manière par laquelle une personne se sent et se perçoit : comme homme, femme, les deux, ni l’un ni l’autre, ou autrement. Elle peut correspondre au « sexe » inscrit à la naissance ou pas.

On distingue différentes formes de discriminations liées à l’identité de genre :

  • Le sexisme : traiter quelqu’un différemment ou considérer un sexe comme « supérieur » à un autre simplement en raison du genre. Le sexisme considère que les femmes sont naturellement inférieures aux hommes et sert à justifier une domination.
  • La transphobie : rejeter ou dévaloriser les personnes trans, dont l’identité de genre ne correspond pas au sexe assigné à la naissance.

En Suisse, certaines formes de sexisme sont interdites, notamment le harcèlement sexuel et la discrimination entre hommes et femmes. Toutefois ces dispositions, la Loi sur l’égalité, concernent principalement le domaine professionnel.

Le harcèlement sexuel est sanctionné par le Code pénal (article 198), mais bien souvent il est puni comme une “infraction moindre”.

Actuellement, les discriminations “sur la base du genre et du sexe” ne sont pas explicitement couvertes par l’article pénal 261 bis qui condamne les discours de haine envers certains groupes.

Des discussions et débats sont toutefois en cours pour renforcer la législation et mieux protéger tout le monde contre le sexisme et la transphobie.

En raison d’un handicap (ou de l’état de santé)

Le handicap englobe une grande diversité de situations :

  • difficultés physiques ou mentales,
  • maladies chroniques ou génétiques,
  • séquelles d’accidents graves,
  • etc.
Un·e individu·e est discriminé·e pour ce motif lorsqu’il·elle subit un traitement défavorable du fait de son handicap ou de son état de santé et ce sans raison objective.

Le validisme décrit une forme de discrimination sociale dans laquelle les personnes sans handicap sont considérées comme « normales » et donc supérieures, et celles qui ont un handicap sont systématiquement désavantagées ou marginalisées.

Les discriminations liées au handicap ou à l’état de santé peuvent se manifester de différentes façons, notamment par des refus d’embauche ou licenciements liés au handicap ou à une maladie.

En Suisse, la Constitution et la législation garantissent aux personnes handicapées l’égalité de traitement dans l’accès à l’emploi, au logement et aux services. Les employeurs ont l’obligation, dans certains cas, de mettre en place des aménagements appropriés afin de permettre à chacun·e de remplir ses tâches et missions.

Il est important de noter qu’une personne n’est pas tenue de divulguer son handicap ou sa maladie, sauf si cela peut avoir un impact sur sa sécurité ou celle d’autrui.

Envers les gens du voyage

En Suisse, les communautés Roms, Sinti/Manouche et Yéniches peuvent être confrontées à un « antitsiganisme » : une forme de racisme et de discrimination spécifique.

Malgré leur présence depuis des siècles, elles sont souvent traitées comme étrangères et très marginalisées.

Leur discrimination peut être à la fois culturelle et institutionnelle (exclusion des institutions et services publiques et sociaux) et est souvent minimisée ou ignorée.

Leur mode de vie particulier, qui implique de changer fréquemment de lieu de séjour, peut rendre leur quotidien plus compliqué et les placer en dehors des structures sociales et des protections légales.

Ces communautés sont confrontées à des obstacles pour accéder à un logement, à un emploi ou aux services publics tels que la santé ou l’éducation.

Leur culture et leurs langues sont encore peu reconnues, et ils·elles sont victimes de préjugés dans les médias et dans l’espace publique.

Les Yéniches et les Sinti/Manouche sont officiellement reconnu·e·s comme des minorités nationales, mais les Roms ne bénéficient pour l’instant pas de ce statut qui permet une meilleure protection (juridique notamment). Dans certains cantons suisses, des aires de séjour et de transit ont été aménagées mais la situation des gens du voyage est encore très vulnérable dans l’ensemble.

Les discriminations affectent à la fois leur mode de vie, leur culture, leur participation sociale et l’exercice de leurs droits fondamentaux.

En raison de l’âge

On peut parler d’âgisme pour qualifier les discriminations liées à l’âge.

Il s’agit de situations où une personne est traitée injustement uniquement à cause de son âge, souvent parce qu’elle est considérée comme trop jeune ou trop âgée.

Cette discrimination peut apparaître à différents moments et endroits au cours de la vie d’une personne.

Dans le monde professionnel, certaines personnes peuvent se voir refuser un poste ou une promotion à cause de leur âge. Les salarié·e·s plus âgé·e·s peuvent être licencié·e·s ou marginalisé·e·s parce que les managers ou employeur·euse·s estiment qu’elles coûteront plus cher ou qu’elles seront moins productives.

Au quotidien, les personnes âgées peuvent être exclues de certaines activités ou décisions simplement à cause de leur âge, et les jeunes ignoré·e·s et peu pris·e·s au sérieux.

L’âgisme peut avoir de sérieuses répercussions sociales et économiques, et au niveau individuel, psychologiques en suscitant le mal-être chez les personnes qui en font l’expérience.
  • Il constitue un réel enjeu et suscite des débats, particulièrement en lien avec son impact sur le marché du travail et les assurances sociales.

En Suisse, la Constitution protège contre ce type de discrimination et il est ainsi interdit de traiter quelqu’un différemment sans raison objective sur le seul motif de son âge.

En raison de l’appartenance syndicale

L’appartenance syndicale désigne le fait d’être membre d’un syndicat, c’est-à-dire d’une organisation qui défend les droits et les intérêts des travailleur·euse·s (salaires, conditions de travail, protection contre les abus).

La discrimination syndicale se produit lorsqu’un·e salarié·e est traité·e différemment à cause de son engagement dans un syndicat. Elle est illégale, mais elle reste parfois (officieusement) pratiquée dans certaines entreprises ou organisations.

Elle peut par exemple se manifester par :

  • des retards d’avancement,
  • des refus de promotion,
  • une baisse de salaire,
  • un isolement
  • ou une marginalisation sur le lieu de travail.

Bien souvent l’objectif est de bloquer la carrière d’un·e salarié·e pour envoyer un signal à l’ensemble des employé·e·s et les dissuader d’adhérer et de s’impliquer dans un syndicat.


Si quelque chose t’arrive à toi ou à un·e proche, tu peux :

  • en parler à un adulte de confiance
  • contacter un centre de conseil
  • signaler la situation
  • demander des informations sur tes droits

Tu n’es jamais obligé·e de gérer ça seul·e.

En Suisse romande, plusieurs dispositifs existent pour soutenir les personnes (victimes et témoins) confrontées au racisme :

Le racisme est un phénomène complexe, mais il n’est jamais acceptable pour une personne de le subir ou alors de le faire subir à quelqu’un d’autre.

Tu trouveras d'autres ressources sur cette page.

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