Les principaux domaines où s’exercent la discrimination
Dernière modification le 16 juillet 2026
Domaine du travail
Dans le domaine du travail (ou à l'embauche), la discrimination se produit lorsque des personnes subissent un traitement inégal et défavorable en raison notamment :
- de leur origine,
- de leur nom,
- de leur genre,
- de leur religion,
- de leur apparence physique
- ou de leur appartenance à un mouvement syndical ou politique.
Elle peut se manifester à différents niveaux, par exemple :
- Avant l’emploi, durant le processus d’embauche : Uune offre d’emploi qui précise dans le descriptif « uniquement personnes suisses » ou « pas de personnes originaires de…».
- En emploi : Un·e employé·e qui n’obtient pas une promotion à cause de son âge ou de son origine.
- Après l’emploi, à la fin d’un contrat de travail : Un licenciement lié au port du foulard ou à une opinion politique.
La discrimination à l'embauche est un phénomène fréquent, mais difficile à prouver. Il faut être en mesure de démontrer que l'on a été écarté·e d'un emploi en raison d'une caractéristique personnelle et non en raison de son profil professionnel (diplôme et expériences).
Très souvent, les condamnations sont rares et de nombreu·ses·x recruteur·euse·s discriminent à l’emploi sans craindre d’être puni·e·s (pour motif de discrimination).
Accès à la formation
La discrimination dans l’accès à une formation ou à un apprentissage est un obstacle majeur pour certain·e·s jeunes, et ce même lorsqu’ils·elles possèdent les mêmes compétences et qualifications que leurs pair·e·s suisses. Elle peut prendre des formes diverses, par exemple :
- Discrimination de genre : Certains métiers sont encore perçus comme masculins ou féminins, empêchant des filles ou des garçons de candidater ou d’être accepté·e·s dans certaines formations.
- Discrimination liée à l’origine étrangère : Des études ont démontré que le prénom peut avoir une influence dans les chances d’accéder à une place d’apprentissage. Certains prénoms, perçus comme associés à une origine étrangère, entraînent plus souvent des refus ou un traitement moins favorable.
Accès au logement
Bénéficier d'un logement adéquat et abordable est un droit de la personne ; nous avons tou·te·s besoin d'un endroit décent où habiter.
On parle de discrimination à l’accès au logement quand certain·e·s propriétaires ne sont pas favorables à louer ou à vendre leurs biens immobiliers, par exemple à des requérant·e·s d'asile ou à des personnes handicapées.
La discrimination peut apparaître à différents moments du processus de location ou d'achat d’un logement :
- dans le contenu de l’annonce,
- dès la prise de contact par téléphone,
- pendant la visite,
- après la visite,
- pendant la location dans le cas d’une augmentation injustifiée der loyer…
Un·e propriétaire peut bien fixer des conditions pour louer ou vendre son logement, mais cette liberté est limitée par la loi. Il·elle ne peut pas choisir ou refuser des personnes selon des critères discriminatoires (qui ne peuvent pas être justifiés de manière objective).
Établissements publics
On pense très souvent les refus d’entrée dans les clubs (boîtes de nuit) ou les bars quand on évoque la discrimination dans l’accès aux établissements publics. Mais les discriminations à l’entrée ne concernent pas seulement les espaces de loisirs nocturnes. Elles peuvent aussi se produire dans d’autres lieux de consommation ou de loisirs : les restaurants, les hôtels ou encore les campings.
Les établissements publics peuvent fixer certaines règles pour choisir leur clientèle et sont en droit de confier ce travail de sélection à un·e videur·euse ou à une personne responsable de l’accueil.
Néanmoins, la loi interdit de refuser l’accès à quelqu’un·e à cause de sa couleur de peau, de son origine (ethnique, nationale, religieuse), de son handicap ou encore de son orientation sexuelle.
Un établissement peut refuser l’accès pour des raisons valables, par exemple un comportement perturbateur, un état d’ivresse marqué ou encore si la personne n’est pas en mesure de démontrer qu’elle est majeure (dans un établissement réservé aux adultes).
Mais il est interdit de trouver des excuses pour cacher un refus basé sur des critères discriminatoires. Ces pratiques d’exclusion peuvent avoir un grand impact sur la santé des personnes qui en sont victimes.
Les lieux publics ne doivent pas être des endroits d’exclusion. Bien au contraire, ils devraient en principe être des espaces sûrs, diversifiés et ouverts à tou·te·s qui favorisent les rencontres et échanges.
Combattre les discriminations, c’est aussi soutenir et faire vivre les lieux qui n’excluent pas.
Discrimination positive
Le focus a jusqu’ici été porté sur les domaines et situations dans lesquels certains groupes ou personnes sont désavantagées et exclues : c’est ce qu’on nomme la discrimination négative. Il existe cependant une autre approche de la discrimination : la discrimination positive.
La discrimination positive consiste à favoriser certains groupes qui ont été, ou sont encore aujourd’hui, victimes de discriminations persistantes.
L’idée est de corriger un déséquilibre qui existe déjà, afin de réduire les écarts de départ entre différents groupes et rendre l’égalité des chances plus concrète dans la réalité.
Elle peut notamment être mise en place dans des lieux ou services publics :
- Des événements destinés à un groupe ou public spécifique : par exemple une soirée pour les personnes LGBTQ+
- Des tarifs réduits : par exemple dans des musées, transports ou piscines pour les étudiant·e·s, les personnes requérantes d’asile ou à faibles revenus.
L’objectif n’est pas de créer de nouvelles exclusions, mais d’offrir un accès plus juste à celles et ceux qui n’ont pas les mêmes opportunités de départ.
La discrimination positive fait beaucoup débat: certain·e·s estiment qu’elle crée de nouvelles inégalités, tandis que d’autres considèrent qu’elle est indispensable pour construire une société réellement égalitaire, plus juste et inclusive.
Si quelque chose t’arrive à toi ou à un·e proche, tu peux :
- en parler à un adulte de confiance
- contacter un centre de conseil
- signaler la situation
- demander des informations sur tes droits
Tu n’es jamais obligé·e de gérer ça seul·e.
En Suisse romande, plusieurs dispositifs existent pour soutenir les personnes (victimes et témoins) confrontées au racisme :
- Pour trouver un centre de conseil ou de consultation dans son canton : https://network-racism.ch/fr/liste-d-039adresses-membres/index.html.
- La Commission fédérale contre le racisme (CFR) peut également orienter et conseiller. Son secrétariat est en mesure de mettre en contact avec les services compétents pour accompagner et soutenir au mieux selon la situation de racisme endurée.
- Pour signaler une agression raciste qui a eu lieu en ligne, la Commission fédérale contre le racisme (CFR) a mis en place une plateforme spécifique : https://www.reportonlineracism.ch/f101.html
Le racisme est un phénomène complexe, mais il n’est jamais acceptable pour une personne de le subir ou alors de le faire subir à quelqu’un d’autre.
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Article proposé par CIAO et relu par le Bureau cantonal pour l'intégration des étrangers et la prévention du racisme (BCI)