Dans le langage courant, le mot discriminer signifie simplement faire une différence. En droit, il a un sens plus précis : la justice doit vérifier si cette différence est injustifiée ou non et si elle porte atteinte au principe d’égalité et aux droits fondamentaux.

Concrètement la discrimination se manifeste lorsque dans une situation (pourtant) similaire, une personne ou un groupe de personnes subit un désavantage en comparaison avec d’autres et ce sans justification.

Il existe de nombreuses formes de discrimination.

Elles peuvent être sexistes ou sexuelles, lorsqu’une personne est traitée différemment en raison de son genre ou de son orientation sexuelle. Elles peuvent aussi être fondées sur un handicap, une appartenance raciale ou ethnique, ou encore sur la religion. D’autres formes de discrimination sont sociales, lorsqu’elles visent des personnes en raison de leur statut économique ou de leur situation de vie, comme la pauvreté, le chômage ou la dépendance.

La discrimination peut également être :

  • multiple : lorsqu’une personne ou un groupe cumule plus d’une forme de discrimination.
  • intersectionnelle : lorsqu’une personne ou un groupe est la cible de plusieurs formes de discrimination en même temps, et que celles-ci se combinent. Par exemple, être discriminée à la fois parce qu’on est une femme et parce qu’on est noire, ou parce qu’on est un homme noir venant d’un quartier populaire.

Faire une différence : quand est-ce acceptable ?

La distinction (notamment faite par le droit) entre les différences « justes » et « injustes » est le reflet des rapports de pouvoir et des normes sociales qui prévalent à un moment donné.

En effet, certaines différences de traitement qui ont été considérées comme « justes » et acceptables à une période donnée, entre hommes et femmes par exemple (en Suisse, les femmes ont obtenu le droit de vote en 1971), ont été remises en question passant de « légitimes » à « illégitimes » à l’issue de l’évolution des normes des discriminations.

Afin de répondre à des besoins spécifiques ou de corriger des déséquilibres structurels, on considère parfois que certaines catégories de personnes (mineur·e·s, personnes en situation de handicap, minorités sexuelles ou sociales) peuvent (voire doivent) légitimement bénéficier de traitements différenciés dans certaines situations ou domaines.

Par exemple, les personnes en situation de handicap peuvent bénéficier d’aménagements spécifiques, comme des rampes d’accès ou du temps supplémentaire lors des examens.

Ces différences de traitement ne visent pas à favoriser injustement certaines personnes, mais à garantir une égalité réelle face aux mêmes droits et aux mêmes règles.

La question de savoir qui, et dans quelles situations, peut bénéficier de traitements différenciés est sans cesse au centre de débats politiques.

Discrimination directe et indirecte

On parle de discrimination directe lorsqu’une personne est désavantagée explicitement en raison d’un critère protégé : comme le genre, l’origine, la « race », la religion, l’orientation sexuelle, l’âge ou le handicap. Elle est de manière générale facile à identifier, car elle donne à voir un traitement inégal clair voire assumé.

Quelques exemples :

  • Refuser d’embaucher une personne parce qu’elle est âgée de plus de 55 ans.
  • Rémunérer différemment un homme et une femme pour un travail de valeur équivalente.
  • Interdire l’accès ou le service à un·e client·e dans un établissement sur la base de son appartenance raciale réelle ou supposée, par exemple s’il·elle est d’origine africaine ou asiatique

On parle de discrimination indirecte, quand une règle, une pratique ou une politique semble neutre mais désavantage en réalité injustement certains groupes de personnes de façon disproportionnée.
Comme elle ne saute pas aux yeux même si elle est fréquente, la discrimination s’avère aussi plus complexe à démontrer pour les personnes qui en sont victimes.

Quelques exemples :

  • Exiger un diplôme ou un niveau de langue qui n’est pas nécessaire pour le poste, ce qui exclut certaines personnes issues de la migration.
  • Mettre en place des procédures administratives uniquement accessibles en ligne, sans alternative, ce qui pénalise les personnes âgées ou peu à l’aise avec le numérique.
En Suisse, la loi interdit toute forme de discrimination directe ou indirecte fondée sur les critères protégés.

Pour autant, la prévention et la lutte contre la discrimination supposent de reconnaître ces situations, de comprendre les règles juridiques applicables et d’avoir connaissance des structures compétentes qui peuvent informer et aider.

Pourquoi on juge l’apparence des autres ?

Peut-être t’est-il déjà arrivé de te sentir mal à l’aise sous un regard insistant, ou encore d’être la cible de remarques moqueuses ou blessantes (qu’elles soient directes ou implicites).

Ces situations peuvent être vraiment difficiles à vivre et impacter la santé mentale ou la vision que l’on a de soi.

Pour autant, nous formons probablement tou·te·s parfois, consciemment ou non, des jugements sur l’apparence des autres. Observer, comparer ou encore critiquer fait partie des habitudes sociales.

Toutefois ces jugements peuvent refléter un mal-être intérieur : en règle générale, plus on est en accord avec soi-même, moins le besoin de critiquer l’autre se fait sentir.

Il est vivement encouragé pour chacun·e de prendre de temps à autre un moment pour réfléchir sur soi-même et pour essayer de se mettre à la place d’autrui : ça peut non seulement permettre de changer la manière dont on interagit et se comporte avec les autres, mais aussi renforcer l’estime de soi.


Si quelque chose t’arrive à toi ou à un·e proche, tu peux :

  • en parler à un adulte de confiance
  • contacter un centre de conseil
  • signaler la situation
  • demander des informations sur tes droits

Tu n’es jamais obligé·e de gérer ça seul·e. Tu peux trouver des structures d'aide et d'autres ressources sur cette page.


Article proposé par CIAO et relu par le Bureau cantonal pour l'intégration des étrangers et la prévention du racisme (BCI)

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