Identité et appartenances
Dernière modification le 16 juillet 2026
L’identité : définition
L’identité, c’est l’ensemble de ce qui fait qu’une personne est elle-même, et pas une autre.
L’identité comprend des éléments extérieures ou visibles (prénom et nom, apparence, langue(s) parlée(s), pratiques) ainsi que des composantes internes (des valeurs, émotions, manières de penser et voir le monde, références culturelles, expériences, etc.).
Le processus de construction de l’identité ne revient pas uniquement à soi. L’identité se développe en permanence : à travers les relations, les interactions sociales, les comparaisons, les modèles, les résistances, les confrontations ou encore les attentes et les projections d’autrui.
Les rencontres, ces influences et parfois les écarts (avec les autres) participent activement à la formation de ce que l’on est. On peut vouloir ressembler à certain·e·s aussi bien que s’éloigner de ce qui ne nous correspond pas.
… un processus dynamique
S’il la construction de l’identité est un processus, cela ne signifie pas que celui-ci a nécessairement une fin : l’identité n’est jamais figée une fois pour toute. Plutôt, elle évolue.
Tous les changements aident à mieux se situer dans le monde, à mieux comprendre comment on fonctionne et parfois, à ajuster qui on est ou qui on souhaite devenir.
Il existe aussi des moments dans la vie où on peut douter de son identité :
- se sentir perdu,
- ne plus trop savoir qui on est,
- ne plus se reconnaître (comme auparavant).
Cette situation peut survenir à la suite d’évènements ou dans des phases difficiles (transition, rupture, maladie, etc.).
Puisque l’identité est en mouvement continu, et jamais acquise pour de bon, cela signifie aussi que chacun·e est en mesure d’évoluer (pour le meilleur et pour le pire).
On peut tout à fait changer d’avis, modifier ses pratiques, revoir ses valeurs, repenser ses croyances, analyser différemment son histoire personnelle ou même se libérer de certaines normes ou attentes si elles ne nous correspondent plus.
… une notion culturelle et sociale
En plus de son identité personnelle, chaque individu·e a une identité sociale et culturelle qui se construit dans un contexte : pays, langue, histoire, références, normes, intérêts, compétences, habitudes de vie, etc.
La culture est un ensemble d’éléments (matériels et immatériels) et de manières de penser et d’interpréter le monde qui forment un système cohérent. Les cultures circulent et se rencontrent quand les individu·e·s se déplacent, migrent, échangent, collaborent, etc.
La culture permet de comprendre à la fois l’identité et l’altérité, en servant notamment de repère pour se situer dans la société par rapport à son histoire familiale ou à un héritage collectif.
Un grand nombre de personnes ont ou une culture mixte voire plusieurs cultures à la fois.
Habituellement, on appartient à plusieurs groupes en même temps (par exemple : groupe de fans d’un sport, une communauté religieuse, groupe des francophones, groupe local, etc.) et l’identité est ainsi composée de plusieurs dimensions en parallèle : on parle d’appartenances (notamment culturelles) multiples.
Certaines personnes ont une identité minoritaire (culturelle, religieuse, de genre, d’orientation sexuelle, etc.). Il arrive qu’elles doivent justifier, défendre et faire reconnaître leur identité minoritaire pour qu’elle soit respectée socialement et traiter de la même manière que les personnes majoritaires. La question de l’identité est importante, et elle n’est pas détachée d’enjeux sociaux et politiques.
Identité et nationalité
La nationalité est un élément structurant de l’identité individuelle et collective. Mais elle n’est pas seulement un marqueur identitaire central : la nationalité est une notion juridique qui définit des statuts légaux.
Les États attribuent à leurs nationa·les·ux une identité étatique officielle (passeport ou carte d’identité), un ensemble de droits, ainsi qu’une garantie de protection.
Ce sont également les États qui déterminent le régime qui s’applique aux personnes étrangères sur le territoire étatique. L’accès des personnes qui n’ont pas la nationalité étatique aux droits n’est ni automatique, ni symétrique :
En Suisse, les droits reconnus à un·e citoyen·ne suisse, à un·e citoyen·ne de l’Union européenne ou à une personne d’un État tiers ne sont pas équivalents. Ainsi l’accès au vote, au marché du travail, à la propriété immobilière ou au droit de séjour sans limitation temporelle dépend directement de la nationalité détenue.
Comment obtient-on une nationalité ?
Il existe deux principes dominants à travers le monde :
Droit du sol : acquisition de la nationalité du lieu de naissance, même si les parents sont étranger·ère·s.
Droit du sang : acquisition par filiation, même si la naissance a eu lieu à l’étranger.
Chaque pays articule ces principes : Certains privilégient le sol ; d’autres privilégient le sang ; dans certains pays c’est une combinaison des deux qui fait foi.
L’accès à la nationalité suisse est aussi rendu possible par la naturalisation. Cependant celle-ci est conditionnée (ancienneté de résidence, maîtrise linguistique, connaissance de la culture civique suisse, etc.).
La nationalité est donc un véritable statut politique hautement réglementé : elle ne s’obtient que selon des critères strictement définis par les États.
Pour aller plus loin, tu peux écouter ce podcast.
Article proposé par CIAO et relu par le Bureau cantonal pour l'intégration des étrangers et la prévention du racisme (BCI)