Je suis très inquiet pour une victime de Crans-Montana
7 janvier 2026
Question (Garçon / 2006)
Comment peut-on vivre après avoir un corps dévasté par le feu et deux mains en moins ?
Les parents de l'enfant peuvent-ils intervenir auprès des médecins et exiger que leur enfant soit débranché pour le laisser partir dans une mort douce ?
Suis-je horrible de penser à ce genre de chose ?
Je ne sais pas si j'étais à la place de cette personne comment je réagirais.
Réponse
Ton message montre à quel point cette situation t’a touché, et c’est tout à fait compréhensible. Ce qui s’est passé à Crans-Montana est bouleversant et inquiétant pour beaucoup de personnes. Tu as bien fait de ne pas rester seul avec ce que tu portes.
Ce que cette personne a vécu est extrêmement violent, et c’est légitime que ça fasse naître des questions et parfois même des pensées qui nous surprennent nous-mêmes. Se demander comment on pourrait vivre après un tel drame, se questionner sur la souffrance, sur les limites, sur la mort… ne sont en aucun cas des pensées horribles. Ce sont des réactions humaines quand on est confronté·e à quelque chose d’aussi dur et injuste. Ça ne fait pas de toi quelqu’un de mauvais, mais quelqu’un de sensible à la souffrance des autres.
Par ailleurs, ce genre de situation soulève quelque chose d'important : on ne sait jamais vraiment ce qu’une personne est capable d'endurer et comment elle va continuer à vivre sa vie après un drame. Même s'il peut sembler impossible d'aller de l'avant, certaines personnes trouvent malgré tout des raisons de vivre et de se relever. Pas parce que la souffrance disparaît, mais parce que le sens que l'on donne à sa vie se transforme avec ce que l'on a vécu.
Ces derniers jours, des personnes qui ont vécu de très graves brûlures et y ont survécu ont témoigné dans les médias que la vie avait du sens même après toutes ces épreuves (Sébastien Maillard à la RTS par exemple ou Julie Bourges, influenceuse française également à la RTS, mardi). Cette dernière dit : « l’après existe, il faut juste qu’ils s’accrochent à cette lumière. »
Ainsi, les questions autour des décisions médicales et de la fin de vie sont extrêmement complexes. Elles touchent à l’éthique, à la loi, à la médecine, mais aussi à l’amour, à la peur de perdre, à l’impuissance face à ce qu’on ne peut pas réparer. Imaginer la vie avec un corps dévasté par le feu, sans mains, est presque impossible. Cela heurte nos représentations, nos peurs les plus profondes, et confronte à une réalité que personne ne souhaite envisager. Pourtant, derrière cette image insoutenable, il y a toujours une vie. Une vie qui continue, différente, profondément transformée, mais qui reste une vie à part entière. Vivre dans un corps marqué par la souffrance, c’est encore vivre, ressentir, aimer, être en lien, et parfois, malgré tout, trouver peu à peu un nouveau sens.
Se reconstruire dans de telles conditions ne signifie pas nier la douleur, ni minimiser les pertes immenses. Cela signifie avancer autrement, avec des fragilités, des découragements, mais aussi, parfois, des ressources insoupçonnées. C’est un chemin profondément humain, fait de deuils et de renaissances, où l’espoir peut exister même lorsqu’il semble presque impossible à imaginer.
Certaines questions peuvent effectivement rester sans réponse claire. Se demander ce que l’on ferait à la place de cette personne, comment on réagirait, quelles décisions on prendrait, peut susciter beaucoup de doutes, d’angoisse et parfois même un sentiment d’impuissance. En réalité, tant que l’on n’a pas traversé soi-même un tel drame, il est presque impossible de s’y projeter réellement. Les mots, les raisonnements et les hypothèses atteignent vite leurs limites face à une épreuve aussi extrême.
Mais une chose demeure essentielle : le simple fait que tu prennes le temps de te poser ces questions, que tu reconnaisses la souffrance immense que ces personnes endurent, ainsi que celle de leurs proches, témoigne d’une empathie profonde. Cette capacité à voir la douleur de l’autre, à ne pas la nier ni la minimiser, est précieuse. Elle dit quelque chose de ta sensibilité, de ton humanité et de ton respect pour ce que traversent ces personnes.
Sache que si tu en ressens le besoin, tu n’as pas à rester seul avec tout ce que tu portes. En parler avec une personne de confiance de ton entourage, un·e proche, un·e ami·e, peut déjà être un premier pas important. Mettre des mots sur ces questionnements, sur tes peurs et tes doutes, permet souvent d’alléger un peu ce poids intérieur et de te sentir davantage compris et soutenu.
Si cela te semble plus juste, il existe aussi des ressources professionnelles accessibles. Le 143, par exemple, met à disposition des professionnel·le·s formé·e·s, à l’écoute, joignables à tout moment. Tu peux les contacter quand tu en ressens le besoin, pour parler librement de ce que tu traverses.
Par ailleurs, il est important de savoir que de nombreux cabinets de psychologues ont récemment fait de la place spécifiquement pour les jeunes. Ces espaces sont pensés pour t’accueillir tel que tu es, avec tes questions, tes émotions, même si tout te semble confus ou difficile à expliquer.
Tu n’as pas à porter cela seul. Des personnes et des lieux existent pour t’aider à traverser ce moment, à ton rythme.
Nous sommes de tout coeur avec toi dans cette période difficile. N'hésite pas à revenir nous écrire, nous sommes à ton écoute✨.
L'équipe ontecoute.ch
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