Réflexions sur la mort et le sens de la vie
5 janvier 2026
Question (Fille / 2006)
Je sais qu'il faut pas trop vous surcharger en ce moment, rapport à Crans-Montana et tout, mais je sais vraiment plus à qui parler.
J'ai déjà écrit plusieurs fois pour parler de mes réflexions sur la mort et le sens de la vie, et du fait que j'étais bloquée avec ça, mais ça a évolué depuis. Et... je qualifierais pas ça d'évolution vraiment positive. Ou alors, positive dans le sens que quelque chose a augmenté.
Ça fait plus d'un an que je pense à la peur de la mort tous les jours, huit mois que je pousse la réflexion vers le dégoût de la vie, et environ cinq ou six mois depuis que j'ai pensé pour la première fois de manière sérieuse au suicide. Depuis j'y ai pensé régulièrement en étant toujours retenue en vie par la peur de la mort, la peur de mourir sur un coup de tête, et le fait que je savais pas comment m'y prendre.
Et puis, il y a environ un mois et demi, j'a eu deux soirs de suite un sentiment hyper étranger, une envie de suicide qui n'était empêchée que par le manque de moyens qui me feraient peu souffrir (j'avais sur moi un couteau suisse certes, mais faut pas abuser non plus, c'est dégueulasse.)
Après ça les pensées se sont un peu calmées (ce sont des cycles de deux semaines d'envies de mort entrecoupées de deux semaines où ça paraît vivable, c'est pas exactement régulier mais à peu près), j'ai pris du recul sur la situation et me suis rendue compte du danger (même si je ne me serais pas tuée de manière douloureuse par désespoir, vraiment jamais jamais vous pouvez me croire).
Sauf qu'il y a environ une semaine, et je suis encore dedans, j'ai traversé une période vraiment hard (peut être liée au fait que j'ai commencé à prendre la pilule il y a deux semaines ? parce que mes cycles me faisaient des chutes d'hormones vraiment pas cool à vivre), et puis pour me rassurer et avoir une "solution de secours", je me suis renseignée sur des moyens de suicide plus ou moins indolores, j'avais pensé à tout ce qui est médicaments. Généralement la dose létale est indiquée alors c'est pas trop compliqué à trouver.
Donc maintenant, je ne suis plus que dans l'attente d'un de ces soirs où j'ai vraiment envie de mourir sans plus aucune peur de la mort, et comme j'ai la confirmation d'avoir de quoi faire chez moi, a priori y'aura plus grand-chose pour me retenir et j'ai juste à prier pour que j'arrive à changer d'avis d'ici-là.
C'est pas une menace de suicide. C'est juste un appel à l'écoute (jsp si ça se dit mais vous avez compris) parce que pour de vrai, je me fais peur. Je sais que j'aurai toujours assez de bon sens pour savoir que je veux une mort pleinement choisie et consciente (je crois pas que ce soit la même personne qui réponde à toutes les questions mais mes envies de me tuer sont vraiment liées à ma vision propre du monde et de l'existence et de la religion etc.)
Simplement j'ai peur de me tuer alors que je ne suis pas en capacité de discernement, après avoir consommé l'alcool ou autre sorte de drogue par exemple. Parce que je vous avoue que certains jours j'ai juste envie de me shooter à n'importe quoi pour oublier mes emmerdes. J'ai seize ans, je peux aller acheter de l'alcool, et sinon j'ai des potes majeurs qui peuvent m'en acheter et qui fument pas que la cigarette. Si je voulais vraiment je pourrais m'en procurer. J'ai trop peur de l'addiction mais ça me paraît tellement plus facile parfois.
Je pense pas que mon cas soit forcément de la dépression même si j'ai quelques symptômes (dont pensées et ruminations fin j'en ai déjà parlé), jsuis pas concernée par tout ce qui est automutilation, complexes (un peu mais j'essaie de m'en détacher en me disant que je mourrai bientôt), peur de l'avenir (je réfléchis pas vraiment à long terme ces derniers temps.) À vrai dire j'espère mourir avant de passer mon bac, dans un an et demi, et devoir faire des choix d'études etc.
Vous allez probablement me proposer d'en parler à quelqu'un, je vous dirai que c'est compliqué. Mes parents et ma fratrie, c'est non, trop difficile d'engager la conversation, ils risquent de juste minimiser ou juste jeter la faute sur moi, des "aussi c'est normal de se sentir déprimé dans une chambre aussi mal rangée". Et c'est pas facile d'aller voir un médiateur ou un psy qui va me dire "je suis l'a pour t'écouter parler de tous tes problèmes".
Le plus simple pour moi serait d'en parler à des potes pas trop proches, au cours d'une conversation, naturellement. Mais c'est pas leur job et je sais comme c'est gênant quand quelqu'un d'un coup se met à te dire qu'il veut se tuer, ou qu'il est en dépression sévère et que donc il va arrêter les cours trois mois, ou que "si tu te poses des questions sur mon absence ces deux dernières semaines c'est que j'étais à Marsens hahaha".
Je veux pas être cette personne qui va charger la vue des autres avec ses problèmes persos. C'est absolument pas contre les personnes qui le font, je comprends de ouf que certaines personnes ressentent le besoin de parler et je suis la première à répondre et à proposer de parler ; mais je sais aussi à quel point ça peut emmerder d'autres personnes. J'ai pas envie de passer pour une pauvre fille en manque d'attention qui clame qu'elle veut se suicider alors que tout le monde sait qu'elle n'osera jamais.
Alors c'est vrai que ça me fait un peu mal que personne remarque comme je vais, et en même temps ça veut dire que j'ai réussi ma mission de la cacher pour l'éviter les questions ; mais d'un autre côté ça me met vraiment mal de me dire qu'il y a des personnes qui souffrent vraiment, et qui n'osent pas en parler, et qui doivent se sentir horriblement seules.
Et puis y'a les numéros d'urgence qu'on nous répète, 143, 147. Mais je peux pas appeler, physiquement, parce que parler c'est bruyant et que mes parents pourraient entendre. Et puis je veux pas prendre la place d'un proche d'une victime de Crans-Montana qui, lui, a une vraie souffrance et de vrais risques de se tuer.
Voilà. Je sais pas si j'attends une réponse, je sais même pas si ça me fait du bien de poser ça là. Mais c'est fait.
Prenez soin de vous, merci tellement de tout ce que vous faites, c'est ouf cet investissement pour les jeunes. Continuez comme ça vous êtes des rois 🫶🫶
Réponse
Tu as bien fait d’avoir écrit et d’avoir posé tout cela ici. À te lire, on peut imaginer combien cette situation peut être solitaire et inquiétante, et combien cela te demande d’efforts pour tenter de garder le contrôle de ce que tu traverses.
Ce que tu décris nous alerte. Les pensées de mort répétées, la recherche de moyens, et la peur de perdre le contrôle sont des signaux sérieux, même quand on se sent encore « lucide » ou capable de recul.
Ici, nous pouvons t’accueillir et te répondre avec attention. En revanche, ce format d’échange a ses limites et ne permet pas d’accompagner de façon suffisante ce que tu décris. Il ne remplace pas un espace d’échange direct, où un·e professionnel·le peut t’écouter et t’accompagner dans les moments difficiles.
Si téléphoner n’est pas possible, il est important de savoir qu’il existe aussi des dispositifs par écrit (comme le 147, via chat), qui permettent d’être accompagnée en direct par un·e professionnel·le. Ces services sont là précisément pour les jeunes qui, comme toi, hésitent, doutent, ou ont peur de demander trop.
Demander de l’aide dans ces moments-là ne prend la place de personne. Ta souffrance compte, même si elle n’est pas « visible », même si elle ne correspond pas à ce que tu imagines être une « vraie » urgence.
Si à un moment tu te sens en danger, il est essentiel de chercher de l’aide immédiatement. Tu n’as pas à traverser cela seule.
Le fait que tu aies posé ces mots ici montre qu’une part de toi cherche encore à se protéger. Essaie de t’appuyer sur cette part-là, et de la mettre en lien avec des adultes ou des professionnel·les qui peuvent être présent·es pour toi, concrètement.
Prends soin de toi et reviens quand tu veux. Nous restons là pour toi,
L'équipe ontecoute.ch
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