Comment nouer des liens avec une fille qui passe par une période compliquée de sa vie?
Hello,
C’est un peu à mon tour de vous demander de l’aide, car je me sens pas très bien et un peu dépassé par la situation actuelle… Pour vous donner un peu de contexte, je suis dans un centre de réinsertion professionnelle depuis plus de 2 ans, suite à une dépression du à beaucoup de difficultés dans mon parcours gymnasial et à un échec à faire une première entrée dans le monde professionnel. Globalement mon parcours de vie (de mes 11 à 20 ans, donc l’année scolaire précédente) a été affreusement compliqué entre du harcèlement scolaire, du rejet de la part des personnes de mon âge, des opérations chirurgicales liées à des maladies (je suis un vrai cas médical 😅), la solitude, des déceptions tant dans ma vie privée que "professionnelle" et a trois dépressions. Mais depuis le début de l’année scolaire (en partie dû au fait que j’ai un nouveau et formidable psychologue) je vais mieux.
Puis il y a environ deux mois, une fille de mon âge est arrivée dans le même centre de réinsertion que moi. Pour garantir son anonymat je ne préfère pas trop étoffer sa vie (je pense que j’en dit déjà trop d’ailleurs), d’autant plus que je me sens pas légitime d’expliquer ce qu’elle vit à sa place, mais globalement elle a des problèmes au niveau de sa vie familiale, un échec dans son apprentissage (liées aux conditions de travail) et une découverte qui a ce que je vois « l’a brisée » quand elle a découvert que son ex avec qui elle était depuis un moment la trompait (il faut tellement pas avoir de compassion et d’humanité , c’est ignoble mais bon…).
Elle n’est pas dans la même section (j’aime vraiment pas ce terme) que moi, mais elle dans la section d’un maître socio-professionnel (MSP) qui remplace mon MSP une fois par semaine et avec qui je m’entends bien (le MSP). Étant donné qu’elle est là à un faible pourcentage pour le moment je ne la voit pas souvent (3 fois par semaine pendant la pause matinale qui dure 15 minutes, dont une matinée où elle vient dans notre section pour travailler), mais en tout cas au début, on parlait bien. Elle me racontait (moi et aux autres personnes de ma section autour de la table) ce qu’elle avait vécu et moi de même, il arrivait même qu’on reste plus longtemps, elle et moi, à la pause après que les autres soient partis. Plus elle me racontait ce qu’elle avait vécu, plus j’y voyait de ressemblance avec ma vie, que ce soit dans la souffrance qu’on a pu ressentir à l’école du au harcèlement, les problèmes liés au professionnel, la solitude, ... Mais elle m’a également dit qu’elle habite au même arrêt de bus à environ 10 minutes de chez moi sans préciser où est-ce qu’elle habite exactement (ce qui ne me pose aucun problème bien entendu), ce qui me renforce encore ce sentiment de m’identifier à elle…
A ce stade si vous vous posez la question de, est-ce que j’ai des sentiments pour elle? et ma réponse (tout aussi chelou que ça puisse être) est : je sais pas vraiment. En fait, si j’ai de la peine à le savoir, c’est surtout parce que je me reconnais beaucoup en elle et que je suis très compréhensif et je n’arrive pas à mesurer à quel point ça "prends de la place dans mon cœur". Avant les fêtes de Noël, je la croisais également dans le bus un jour par semaine, la première fois ça m’avait surpris et comme je n’étais pas encore au courant qu’elle habitait proche de chez moi j’avais pris mon courage à deux mains et j’avais essayé de lui parler (à peine 6h30 du mat , quel manque de tact 😅), pas très concluant mais c’était déjà ça. Le jour suivant, je lui ai quand même posé la question de si ça la dérangeait si je venait lui parler dans le bus et elle m’a répondu (sans reproche) qu’elle préférait rester seule car elle est de mauvaise humeur le matin, chose que je respecte depuis histoire de respecter sa sphère privée.
Le dernier jour avant les vacances, j’ai également pris mon courage à deux mains en lui proposant d’aller marcher un moment si elle le voulait pendant les vacances (avec un peu de recul, c’est encore un énorme manque de tact, fichu TSA et manque de développement personnel 😔), je lui ai donc passé mon numéro de téléphone, sans aucune garantie qu’elle me contacte. Ce qu’au final elle n’a pas fait et que je ne lui reproche absolument pas (même si j’avoue que j’avais quand même espoir qu’elle me contacte, mais bon c’était le jeu…). Après, vu son état actuel depuis les fêtes d’hiver, je vois très bien qu’elle en souffre et donc pour cette simple raison, je ne me vois absolument pas aborder la question des sentiments (ayant déjà été dans sa situation, il est absolument hors de question pour moi de profiter de sa situation pour qu’elle sorte avec moi, ça serait dégeu et bon vu ce qu’il c’est passé avec son ex, ben c’est juste non). Je vois qu’elle en souffre car, comme moi il y a encore un an de cela, elle ne parle pas beaucoup et elle regarde plus le sol qu’autre chose. Il y a deux semaines de cela je lui ai également demandé si elle voulait qu’on se retrouve le week-end pour faire des jeux de société (je sais que quand j’écris ça, ça donne l’impression que je lui demande beaucoup de fois si elle veut qu’on se retrouve, mais au final ça représente que 3x en plus de 2 mois (—> je dis ça mais je sais pas si c’est déjà trop 😑). C’est également à ce moment là que son MSP avait reçu par courrier deux pages la concernant: une officielle (entre guillemets) et une autre avec ses résultats scolaires. Bien entendu, je n’ai pas regardé ses résultats scolaires car ça ne me concerne pas et que j’ai pas besoin d’être au courant de ça, par contre je n’ai pas pu m’empêcher de regarder quelle est son adresse. Du coup maintenant que je connais son adresse, elle habite vraiment à 10 minutes à pieds de chez moi, après il est bien entendu hors de question pour moi de me pointer chez elle tant qu’elle me l’aura pas donnée elle même. Et ce pour deux raisons: 1 ça serait ne pas trop respecter sa sphère privée et de toute façon je saurai pas trop comment l’aborder et 2, comment se faire mal voir en lui donnant l’idée que je la harcèle (chose qu’elle a déjà vécu et c’est la même chose pour moi) ? Bref cette idée ne passe même pas par la tête.
Il y a d’ailleurs d’autres facteurs qui font que cette situation est un peu compliquée pour moi (et même de manière générale) et les voici :
- Déjà, "a cause de" mon TSA (Trouble du Spectre de l’Autisme, léger dans mon cas) et dû au fait que je n’ai aucun ami depuis l’âge de mes 10 ans. Ça fait que j’ai de la peine à lancer et prolonger des conversations, chose qu’avec elle je ressens moi, mais c’est tout de même là surtout dans cette période où elle parle pas beaucoup…
- Du au fait qu’elle traverse une période difficile, il m’arrive de culpabiliser rien qu’à l’idée de lui parler. La raison à cela (en tout cas j’y crois fortement, mais possible que je sois déconnecté de la réalité) est que les filles de manière générale sont déjà tellement souvent abordées juste pour être draguées ou scrutées au quotidien pour leur corps. Je ne sais pas ce que ça doit faire de vivre ça, mais ça ne doit pas être agréable du coup n’empirons pas les choses. Ça m’est également déjà arrivé avec plein d’autres filles, même des qui ont 3-4 ans de moins que moins mais avec qui je n’ai aucun sentiment et a aucun moment l’idée ne me serait venu de sortir avec elles.
- Toujours à cause de mon TSA et de mon manque de relations sociales depuis mes 10 ans, j’ai énormément de peine à savoir quand est-ce que ça fait trop ou qu’au contraire je peux lui parler ou lui proposer des choses. Ce qui a pour effet que, par moments, je me pose beaucoup trop de questions et que je me contente du strict minimum, quitte à ne pas en faire assez (c’est également pour respecter ses limites).
- Il y a aussi le fait qu’on se connaît encore depuis peu et que je la connais seulement depuis qu’elle est à arrivée dans le même centre de réinsertion que moi, dans une période où il faut se relever de tout ce qu’elle a vécu. Du coup je n’ai pas envie de lui donner une image de moi d’une personne qui profite de sa situation (je veux pas lui donner la même image que son ex en gros).
- Finalement je dirais que c’est à cause de plusieurs sources de stress qui viennent (je ne sais pas vraiment comment le décrire mais) renforcer ce sentiment de "il faut que je me bouge" si je veux nouer des liens avec elle car : 1. de son côté elle n’a qu’un seul ami qui est actuellement dans un autre pays, donc je me verrai mal la revoir quand il sera là, dans tout les cas ça me mettra mal à l’aise. 2. De mon côté je commence gentiment à reprendre dans une vrai entreprise pour une reprise de contrat l’année prochaine, donc autant dire que à part si je vais chez elle, je ne la verrai très peu et 3. À part les moments où je révise chez moi, je sens que la solitude devient de plus en plus pesante, et c’est pas nécessairement la que je ressens le besoin de sortir avec elle, mais juste d’être en sa compagnie à pouvoir faire des jeux de société, se raconter sa vie (si elle le veut bien sûr, je ne veut absolument pas forcer). Car sinon c’est comme si elle aura été là pendant une courte période de ma vie et qu’elle en disparaît juste après, et pour avoir déjà vécu une situation un peu similaire à elle, je pense que si je veut nouer une relation avec elle, ben il faut je je fasse quelque chose. Juste pour vous dire ce que j’avais déjà eu avec une autre fille, c’est qu’on c’était rencontré au gymnase (période très compliquée de ma vie), on se parlait de temps en temps, mais sans plus. Suite à ma dépression je ne l’ai plus revue pendant une année, suite à ça je reprends contact avec elle et on se voit quelques fois pour discuter (genre une fois par mois). C’était toujours moi qui lui demandait si elle était dispo et je le lui demandait ça genre toute les trois semaines, histoire de ne pas abuser de son temps. Une année et demie est passée, on a passé pas mal de moments à parler, mais je n’a jamais eu le courage de lui parler de mes sentiments. Puis on a fixé un autre rendez-vous où cette fois je comptais bien lui parler de mes sentiments, mais elle n’est pas venue et elle ne m’a pas envoyé de message pour me prévenir qu’elle ne serait pas là. Sur le moment ça ne me fait rien, mais le soir même je lui envoie un message pour lui demander (de manière bienveillante) si c’était normal qu’elle n’était pas la. Deux jours plus tard pas de réponse, je commence à "m’inquiéter" et je me rends compte qu’elle m’a ghosté sans même m’expliquer le pourquoi de comment… Suite à cela, s’ensuivit un autre moment affreux de ma vie où je me sentais très mal et constamment en crise de panique, car je ne comprenais pas ce que j’avais fait de faux.
Bref, tout ça fait que je me sens un peu mal, entre ce sentiment qu’il faut que je me dépêche de nouer des liens avec elle pour ne pas répéter la même erreur qu’avec la fille du gymnase, et en même temps qu’il ne faut pas aller trop vite. La raison à cela est que ce n’est pas le moment approprié et que je n’ai pas envie de lui donner une image de moi de dragueur (j’aime vraiment pas ça car c’est superficiel au possible) et de profiteur.
Voilà, désolé pour le pavé et est-ce que vous auriez des conseils à me suggérer parce que j’en ai déjà parlé avec mon psy mais j’ai l’impression qu’il est un peu à l’ouest avec ça ?
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